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My Master

By: jenovablack
folder zMisplaced Stories [ADMIN use only] › NE › French
Rating: Adult ++
Chapters: 10
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Reviews: 1
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Disclaimer: Harry Potter appartient à JK rowling, que je remercie au passage, je ne tire aucun profit de cette histoire !
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Chapitre 9

Chap 9

La première semaine de cours s’était enfin achevée et Snape devait s’avouer qu’il avait rarement accueilli le week-end avec un tel enthousiasme. Cette semaine avait été interminable, et probablement la pire de sa carrière.
Si les Serpentards s’étaient montrés hostiles auparavant, ce n’était rien à côté de leur attitude après le renvoi de Draco Malfoy. Celui-ci avait plié bagage le soir même de son agression, sans en sembler particulièrement ému. A quoi bon, en réalité ? Voldemort le prendrait à son service, ASPICs ou pas…


Ses camarades de maison avaient toutefois décidé de le venger de son humiliation, et s’appliquaient à rendre la vie de leur directeur de maison invivable. Craignant une autre attaque dans le genre, Snape s’était résigné à garder Harry sous sa forme animale sur lui en permanence pendant les cours, et il craignait pour la santé du garçon.


Quant ils pouvaient enfin regagner le calme des donjons, le soir venu, c’était pour soigner les blessures de Harry qui commençaient doucement à cicatriser… et s’adonner aux fréquentes parties de sexe qu’imposait le collier, et qui donnaient des cauchemars à Severus.


Comment était il sensé soigner le garçon, le pousser à prendre de l’autonomie dans ces conditions ? L’agression de Draco avait eu pour conséquence supplémentaire de le repousser un peu plus dans son rôle d’objet sexuel, sans désir ni volonté… et pourtant, Severus pouvait sentir que l’attitude du garçon à son égard avait changé au fil des jours… et des nuits. Harry n’avait pas l’habitude de dormir seul et se sentait apaisé par le contact de la peau, s’endormant fréquemment sur lui après le sexe, comme il le faisait sur son maître. Ces derniers temps, cependant, Snape avait fait en sorte de ne pas se coucher sur une dernière performance sexuelle, et le garçon était venu se blottir contre lui, cherchant la sécurité de ses bras dans un geste qui lui semblait plus vulnérable que soumis. Il n’y était pas obligé, Severus le lui avait bien fait comprendre… Mais Harry revenait toujours, timidement.


Sa façon de marcher à ses côtés avait également sensiblement évolué aux yeux du professeur. C’était peu de choses, vraiment, mais il lui semblait qu’il avançait avec plus de confiance, sans suivre des yeux en permanence sa main pour se préparer aux coups, cherchant au contraire sa protection.


Peut-être n’était ce qu’une illusion, mais Snape était bien décidé à la mettre à profit. Et ce week-end serait la parfaite opportunité…


« Qu’aimerais tu manger ce soir ? » demanda-t-il au garçon qui s’était agenouillé à ses pieds.


« Comme maître veut. » vint la réponse habituelle.


Cette fois, cependant, Severus ne se laissa pas décourager.


« Molly Weasley m’a affirmé que tu avais toujours aimé son rôti de bœuf et sa tarte à la mélasse. Cela te conviendrait il ? »


« Oui maître. »


Dans les yeux vides de l’esclave, Snape cru voir passer une lueur de compréhension.


Bien que la cérémonie se reproduise plusieurs fois par jour, Severus ne parvenait pas à s’habituer à voir le garçon manger docilement dans sa main. Seul le fait que Harry avait reprit un peu de poids parvenait à le consoler. Il était toujours désespérément maigre, mais il ne semblait plus sur le point de mourir d’inanition. Il avait fallu du temps pour que le garçon arrive à avaler des portions convenables de nourriture et que son estomac apprenne à les garder, mais il n’avait à présent plus besoin de potions nutritive. L’arsenal de potions qui maintenait le garçon en relative bonne santé effrayait toujours Snape ; potions de soin, d’énergie, contre la fièvre, contre la douleur, vitamines et compléments …


Il faudrait les supprimer peu à peu, mais chaque chose en son temps. La nourriture était déjà un grand pas en avant… même si la technique avait une faille : malgré son dégoût pour ce simulacre de repas, Severus ne pouvait s’empêcher de sentir son désir s’éveiller au contact des lèvres chaudes d’Harry contre ses doigts. Le garçon le savait et en jouait, obéissant au dressage qu’il avait reçu, léchant lentement sa main, embrassant la paume. Il se passait rarement un repas sans que Snape ne succombe à ces avances, et il songeait avec amertume que Harry passait finalement plus de temps sur ses genoux à table que par terre… le petit corps semblait toujours aussi léger, aussi malléable entre ses mains, tandis qu’il l’enlaçait et le prenait avec une passion grandissante.


C’était obscène, bien sûr, ce garçon à peine majeur qui aurait du être son élève, qui se donnait à lui contre son gré, poussé par un engin de torture… mais Merlin, l’abandon du garçon, la façon dont il posait le front sur son épaule, dont il tressaillait sous ses mains… comme il nouait ses bras autour de son cou, comme pour chercher sa protection ; Severus ne pouvait y résister. Il y avait quelque chose de si vulnérable dans le garçon, et pour la première fois de sa vie, l’ancien Mangemort se sentait prit d’une furieuse envie de protéger quelqu’un de toutes ses forces. Jalousement, comme un de ces maudits lions… mais il ne voulait pas d’un esclave, non, il voulait que le garçon soit là de son propre gré. Qu’il se blottisse contre lui parce qu’il en avait envie, et non parce qu’il y était obligé.
Qu’il partage son plaisir.


Aussi ce soir là, quand arrivé au dessert, il se sentit incapable de résister plus longtemps aux avances de Harry, il le conduisit dans la chambre au lieu de le prendre là.


Lentement, il parcouru du bout des doigts le visage du garçon.


« Ce soir, nous allons essayer autre chose. » fit il.


« Oui, maître » répondit Harry d’un air résigné.


Secouant la tête, Severus prit une potion sur la table de chevet et la tendit au garçon.


« Bois. »


Ce qu’il fit sans hésiter.


Un instant plus tard, Snape vit Harry tressaillir, et il sut que la potion commençait à faire effet. Une nouvelle invention, oui, quelque chose qu’il n’aurait jamais pensé rechercher… un mélange de désinhibant, de potion relaxante et également de quoi aiguiser tous les sens de celui qui le buvait. Et par dessus, bien sur, un puissant aphrodisiaque.


Snape s’approcha à nouveau de Harry, laissant ses doigts fins courir lentement sur les épaules et le torse du garçon qui frémit. Caressant d’une main le dos zébré de cicatrices, il pinça doucement les mamelons roses de l’autre, et vit Harry se mordre les lèvres. Oui, la potions fonctionnait…


« Chhh. Je veux t’entendre. Ne te retiens pas… laisse toi aller. »


Sans hâte, ses mains descendirent vers les hanches du garçon et il entreprit d’ôter le jean, seule pièce de vêtement qu’il portait. Un bouton, un frôlement léger, un autre, une caresse un peu plus poussée vers l’intimité de l’adolescent… mais pas tout à fait. Le pantalon tomba à ses pieds dans un bruit sourd, il continua à explorer ce corps du bout des lèvres. Rien de brutal, rien de possessif, de simples gestes à peine esquissés, les doigts légers caressant les fesses, la bouche délicate embrassant le cou du bout des lèvres…


Au bout de quelques instants, Snape pu voir que Harry avait fermé les yeux, respirant rapidement de sa bouche entrouverte. S’autorisant un sourire, il conduisit doucement le garçon vers le lit où il s’étendit, offert, sous les caresses de son maître.


Sans un mot, Severus vint le couvrir de son corps, sans cesser de chercher les points sensibles qui faisaient frémir le garçon. Il détacha rapidement la lanière du harnais pour libérer son sexe, et l’observa se gonfler avec satisfaction.


Redoublant d’efforts, il vint picorer la gorge du garçon, descendant lentement jusqu’à prendre les mamelons durs à présent entre ses lèvres, jouant de la langue tandis que ses mains caressaient tendrement la peau maltraitée des cuisses, ouvrant les jambes.
Sans se presser, il parcourut lentement son chemin vers le nombril, laissant le garçon haletant. Il ne pouvait s’empêcher de se tordre sous les caresses tentatrices de son maître, cherchant toujours plus de ce contact électrique, perdu dans les sensations.


Souriant, Severus embrassa les cuisses ouvertes du garçon, observant son dos s’arquer sous la tension et l’anticipation. Il était si doux, si beau, si élégant… comment pouvait on seulement vouloir le blesser ? les mains caressant délicatement les hanches, il se décida enfin à mettre fin à la petite torture et engloutit le membre à présent bien tendu du garçon dans sa bouche. A sa grande satisfaction, l’esclave laissa échapper un long gémissement, sa respiration anarchique à présent, et il entama avec un enthousiasme renouvelé un lent mouvement de va et vient.


Merlin, il aurait presque pu jouir rien qu’à cette vue, Harry se tordant sous ses caresses, gémissant, son corps souple en sueur tandis que le plaisir l’envahissait…
La potion semblait fonctionner à merveille et Harry était plongé dans le maelström de sensations que lui procurait le professeur. Sans abandonner sa posture soumise, il ne pouvait s’empêcher de chercher les mains et la bouche de Snape, l’appelant de ses gémissements, frémissant sous ses doigts.


Satisfait, Severus saisit sans s’arrêter le pot de lubrifiant qu’il gardait à coté du lit, et s’en enduisit généreusement les doigts et le sexe, priant pour ne pas jouir avant le garçon.
Puis, délicatement, presque comme une excuse, il vint poser un doigt sur l’orifice du garçon, massant doucement, sans chercher à le pénétrer.
Il sentit Harry se raidir malgré tout… rien de plus compréhensible, songea-t-il. En particulier après sa dernière séance avec Draco et ce qu’il lui avait montré de ses souvenirs…
Délaissant le membre raide du garçon, Snape entreprit de continuer son exploration de la langue, déposant au passage quelques baiser sur les cuisses. Sans négliger quelques coups de langues appréciateurs sur les bourses. Enfin, il écarta un peu plus les jambes du garçon, et écartant les fesses, remplaça son doigt par sa langue.
Il entendit Harry hoqueter de surprise, mais alors qu’il taquinait doucement l’orifice, il le sentit se détendre peu à peu, à nouveau concentré sur les sensations.


Doucement, avec révérence, il lécha l’orifice si longtemps maltraité et brutalement pénétré. Un seul des mangemorts avait il pris la peine de préparer le garçon ? probablement pas, songea-t-il alors qu’il pénétrait lentement l’esclave de sa langue, lui arrachant un gémissement. Harry ne put s’empêcher de pousser des hanches, cherchant plus de contact, et Snape sut qu’il était sur la bonne voie. S’activant avec plus de vigueur, il saisit le membre du garçon et le masturba en rythme avec la langue qui le pénétrait, jusqu’à ce qu’il sente Harry proche de l’orgasme.


Il recula alors, remontant pour couvrir le garçon gémissant, réduit à l’état d’une masse de désir et de besoin, tous ses sens en alerte.
Sans se presser, il embrassa les lèvres entrouvertes du garçon qui lui cédèrent aussitôt le passage, certes soumis, mais également avide.
Cette fois.


Sans cesser de l’embrasser, Snape glissa à nouveau un doigt entre les jambes du garçon, qui cette fois ci ne se crispa pas. Le premier doigt passa sans contrainte, les muscles du garçon totalement détendus ; un deuxième vint le rejoindre, massant, étirant doucement, cherchant un point particulier…


Et soudain, Harry laissa échapper un cri étouffé par la bouche de son maître, et Severus sourit malgré lui. Il y était. Le garçon sous lui se déhanchait désespérément, cherchant plus, voulant plus de cette sensation, et ses bras vinrent s’accrocher à ses épaules comme si sa vie en dépendait.


Libérant la bouche du garçon, Snape prit un instant pour se reprendre. La vue était tout simplement irrésistible… Puis, sans plus attendre, il retira ses doigts, étirant soigneusement le garçon qui gémit en protestation.


« Là, Harry… je ne te ferais pas de mal, jamais… sens ce que tu ressens, écoutes ton corps, regarde moi. »


Le garçon ouvrit les yeux, et loin de cette expression vide et soumise qu’il y avait vu jusqu’à présent, ce fut un mélange vivace de désir, de confusion, de besoin qu’y lu Severus.
Ils y étaient, oh, oui, ils y étaient.


Doucement, avec une considération qu’il ne se connaissait pas, il pénétra le garçon, centimètre après centimètre, le laissant s’ajuster à sa taille qu’il connaissait bien à présent, et laissant les sensations l’envahir alors que Harry enfonçait ses ongles dans son épaule, sans cesser un instant de gémir de plaisir.


Enfin, il fut un lui, totalement, et rien ne lui avait jamais semblé plus parfait. Le garçon en sueur qui s’agitait sous lui semblait penser de même, à en croire le regard brûlant et apaisé qu’il fixait sur lui.
Severus se mit à bouger, lentement d’abord, puis accélérant la cadence alors que le désir s’emparait de lui. il sentit Harry rencontrer ses mouvements, ondulant des hanches en rythme pour chercher plus de sensation, criant vraiment cette fois quand, dans un grand coup de rein, il trouva sa prostate. Les cuisses du garçon serrées sur lui comme un étau, Severus continua à le pilonner, sans ménagement cette fois, s’accordant au rythme que Harry recherchait et désirait, dansant tous les deux en parfaite harmonie. Il pouvait voir le garçon se mordre les lèvres entre deux gémissements, et la vue le rendait positivement fou.

« Parle, Harry » murmura-t-il. « Je veux t’entendre. Dis moi ce que tu veux. »


« Maître… Plus ! Encore ! » cria le garçon, et Severus pouvait dire cette fois-ci qu’il n’était pas en train de prétendre.


Severus sentit l’orgasme venir, et s’empara de la bouche du garçon, s’enfonçant frénétiquement en lui, étouffant les cris de plaisir du garçon tandis qu’ils jouissaient ensemble, dans une perfection inégalée.


Il n’avait jamais été particulièrement tendre au lit, et jamais auparavant il n’avait prit un tel soin, montré une telle douceur et une telle prudence avec son partenaire ; mais Harry était si différent, si fragile, si… parfait. Juste parfait.


Tenant toujours le garçon dans les bras, il roula sur le côté, tentant de reprendre son souffle. Harry semblait aussi essoufflé que lui, et particulièrement confus sentit Snape. Il recula légèrement pour voir son visage.


« Harry ? » fit il doucement.


« Oui, maître ? »


« Etait ce plus supportable que d’habitude pour toi ? »


Le garçon, lui sembla-t-il, rougit légèrement.


« Oui, maître. »


« C’est comme ça que le sexe devrait toujours être, Harry, et je suis désolé que ça n’ait pas toujours été le cas. J’espère qu’un jour tu pourras arriver à cela sans potion. En attendant, nous ferons ainsi. Cela te convient il ? »


« Oui, maître. »


Severus caressa doucement les cheveux du garçon qui vint se blottir contre lui.


« Merci, maître. »


« De quoi donc, Harry ? » demanda Snape, saisissant l’occasion de le faire parler.


« Plaisir. » répondit simplement Harry.


« Tu m’en donnes aussi, n’est ce pas, tout le temps ? »


« Je… esclave. Dois. Pas maître. »


« Tu n’es plus un esclave ici. » murmura doucement Snape. « Dès que nous nous serons débarrassés de ce collier, tu pourras recommencer à vivre comme tu le souhaites. La façon dont nous nous organisons entre temps n’est qu’une mise en scène temporaire pour t’éviter de souffrir, tu comprends ? »


La réponse mit un temps à venir.


« Je… oui, maître. Mais pas le droit. Appartient à maître. »


« Ce ne sera pas toujours ainsi, Harry. Ca ne l’est déjà plus, mais il reste encore à t’en convaincre. Tu n’appartiendras jamais plus à personne. Tu seras libre, et tu seras toi. Cela prendras du temps, bien sur, mais je serai là tant que tu auras besoin de moi. Si tu ne souhaites plus me revoir, je le comprendrai évidemment. »


« Non ! » s’écria le garçon, à la surprise du professeur. « Je… rester… »


Il se tût un instant. Sentant l’angoisse qui s’était emparée de Harry, Snape se redressa pour mieux le voir, immédiatement imité par le garçon qui se mit à genoux devant lui.


« Rester avec mon maître. S’il vous plait. »


« Harry… » Severus sentit les émotions se bousculer dans sa tête. ‘Mon maître’ était le titre que Harry donnait à Voldemort pour le différencier des autres ‘maîtres’… se pouvait il que Dumbledore ait eu raison, que Harry veuille retourner vers lui ? Ou alors…


Les yeux verts brillants et suppliants du garçon achevèrent de le troubler. Sans un mot, il leva une main vers le visage du garçon pour le caresser du bout des doigts…


« Je ferais n’importe quoi pour toi » murmura-t-il malgré lui, hypnotisé par ce qu’il lisait dans ce regard. « Je voudrais te garder pour toujours… je voudrais que tu sois à moi… c’est abominable, et pourtant, si je savais parler de sentiments, je crois que je n’en aurais jamais été aussi proche. »


Le garçon n’avait cessé de le fixer de ce regard brûlant, et Severus laissa sa main descendre jusqu’à venir entourer protectivement la nuque du garçon. Ce garçon si fragile et si pathétique qu’il en était facile de l’aimer…


Alors qu’il pensait ces mots, perdu dans les yeux verts de Harry, il aperçut une larme couler sur la joue du garçon. Pendant un instant, il s’attendit à le voir se tordre de douleur sous la torture du collier, mais rien ne se passa, et Severus resta incertain. Quelque chose n’allait pas… Harry ne lui avait il pas dit que Voldemort lui interdisait de pleurer ?


Les pensées se bousculèrent dans sa tête. Et si… et si…


Le cœur battant, Severus posa sa paume contre le collier de métal, cherchant une réponse. Un léger cliquetis le fit soudain sursauter. Le garçon ferma les yeux, et quelque chose bougea sous ses doigts…


Le collier. Le collier venait de s’ouvrir, les plaques métalliques se désolidarisant pour laisser une chaîne lâche entre ses mains.


Bouche bée, incapable d’y croire, Snape resta à fixer stupidement l’objet avant de lever les yeux vers le garçon qui n’avait pas bougé.


« Harry ? »


Lentement, presque péniblement, celui-ci ouvrit les yeux et tendit une main vers le professeur jusqu’à le toucher du bout des doigts.


« Mon Maître. »


« Harry… » incapable d’en dire plus, Severus se pencha vers le garçon pour le prendre dans ses bras, le serrant fort contre lui, secoué d’un petit rire nerveux qui devint un véritable rire de soulagement alors que les minutes passaient. Il sentit soudain quelque chose d’humide contre sa poitrine, et comprit que Harry pleurait.
Enfin.


Il le repoussa doucement pour voir son visage et essuya les larmes du bout des doigts. Le garçon leva un regard mal assuré.


« Droit… pleurer ? »


Malgré lui, Snape éclata à nouveau de ce rire libéré qu’il ne se connaissait pas.


« Harry, le collier est parti, tu as tous les droits, tu es libre ! »


Le garçon le regarda d’un air confus et incertain. Blessé, même, songea Severus.


« Maître ? »


« Il n’y a plus de maître, Harry ! » insista Snape. « Tu es libre ! Libre de faire ce que tu veux, d’être toi ! Merlin, je n’arrive pas à croire que cet enfer soit enfin terminé… »


Regardant le collier avec répulsion, il fut tenté de le jeter au loin mais se ravisa. Il devait d’abord le montrer à Dumbledore.


« Harry, habille toi, il faut aller prévenir le directeur ! »


Severus sauta hors du lit et enfila rapidement habits et robes, sans lâcher le collier. Quand il se retourna vers le lit, Harry n’avait pas bougé, son regard à nouveau vide et perdu.


« Merlin, Harry… »


Il avait été trop vite. Le garçon n’avait pas pu comprendre, réaliser… Il laissa échapper un long soupir, et se forçant à se calmer, il s’approcha doucement du lit.


« Il faut commencer par enlever ce harnais. Tu peux le faire Harry. » fit il en posant une main sur son épaule.


Harry le regarda un instant avec hésitation, avant de lever une main hésitante.


« Oui, maître. »


severus se mordit la langue. Si ces phrases automatiques pouvaient rassurer le garçon pour l’instant, alors très bien. Un pas après l’autre.


Quêtant toujours son approbation, Harry leva une main vers une lanière qu’il défit, puis une autre… enfin, le harnais tomba à terre dans un cliquetis, faisant sursauter le garçon.


« C’est très bien, Harry. Et maintenant… »


D’une rapide incantation, il fit apparaître un verre d’eau.


« Bois. »


Harry bût, s’attendant a tout moment à être puni, mais rien ne se passa. Lentement, il porta une main à son cou, sentant la marque en creux laissée par le collier. A nouveau, il leva les yeux vers son maître, cherchant des réponses.


« C’est fini, Harry. Plus jamais de collier. Plus jamais à obéir… il ne peut plus rien te faire. C’est fini. »


Severus ne put s’empêcher de passer une main dans les cheveux du garçon. Bientôt, sans doute, Harry ne pourrait plus supporter sa vue et son contact. Mais pour l’instant…


« Je dois mettre de la pommade. La cicatrice est plutôt mauvaise… »


Et effectivement, après toutes ces années, le collier avait laissé une marque indélébile, comme au fer rouge, laissant la chair imprimée et la peau fine déchirée par endroit, là où elle avait adhéré au collier.
Il en garderait sans aucun doute toujours la marque, songea Severus avec amertume. Son esprit également… mais le collier, lui, était parti, et à partir de maintenant il ne restait à Harry qu’à se reconstruire, sans la menace permanente de cette torture. Comment le garçon pâle qui se tenait devant lui pourrait il un jour tuer son ancien maître, il l’ignorait.
Mais à partir de maintenant, Harry Potter allait redevenir Harry Potter.


Il déposa la pommade du bout des doigts, massant doucement les plaies. Le garçon semblait vraiment ébranlé et perdu, et Severus doutait qu’il puisse tenir sur ses jambes, après tout… mieux valait faire venir Dumbledore. Pas dans sa chambre, toutefois…


Snape se dirigea vers son armoire et en sortit un pyjama qu’il tendit au garçon.


« Mets ça. »


« Maître… droit ? » demanda Harry, hésitant.


« Je ne suis pas ton maître, Harry, et oui tu as le droit. »


Plus confus que rassuré, le garçon enfila le haut et le pantalon de pyjama, attendant comme fasciné que la punition tombe. Rien ne vint, cependant, et quand il leva les yeux vers son nouveau maître, celui-ci lui fit un signe de la tête. Tout allait bien.


« Viens, Harry, dans le salon. » fit doucement le sorcier.


« Je… laisse ? »


« C’est inutile. Tu peux marcher seul. »


Harry amorça le geste de se lever, avant de retomber lourdement sur le lit. Quand Severus s’approcha pour l’aider, il vit les larmes couler à nouveau sur le visage maigre. Il soupira…


« Harry… tout va bien, ce ne sont que quelques pas, tout ira bien, fais moi confiance. Il ne peut plus rien t’arriver. »


Le garçon fixa la porte et fit mine de se relever, mais le mouvement était si douloureux que Severus sentit sa poitrine se serrer. Doucement, il tendit la main et referma ses doigts sur ceux de Harry ; puis il fit un pas, tentant d’afficher un sourire confiant.


« Viens avec moi. »


Et cette fois, il le fit. Le garçon se leva, tenant si fermement sa main qu’il lui faisait presque mal et le suivit d’un pas chancelant jusque dans le salon où il s’installa sur un fauteuil, roulé en boule sur lui-même.


« Harry, je vais appeler Dumbledore. Tu peux lui parler, à présent, tu comprends ? Toutes les interdictions sont levées. »


Il attendit une minute une réponse qui ne vint pas, et jeta une poignée de poudre dans la cheminée.


« Albus, venez vite. J’ai une excellente nouvelle ! »


Quelques secondes plus tard, le directeur entrait dans le salon, l’air passablement décoiffé. Ses yeux se posèrent immédiatement sur l’objet que le maître des potions tenait à la main.


« Severus… est-ce bien… ? »


« C’est le collier. Il est parti. Harry est libre. » confirma-t-il.


Dumbledore tourna son visage plus qu’ému vers le garçon qui l’observait d’un air paniqué.


« Harry, mon garçon, je suis si heureux… »


Harry hocha la tête.


« Tout cela doit être très perturbant pour toi, je pense… Comment te sens-tu ? »


« Je… » commença Harry d’une voix rauque avant de s’éclaircir la voix. « Bien. »


Un coup d’œil vers Severus le rassura. Il avait bien répondu. A son grand soulagement, le directeur se tourna vers Snape.


« Severus, je n’arrive pas à croire que vous ayez réussi en si peu de temps ! C’est un véritable miracle, que s’est il passé ? » demanda-t-il, visiblement extatique


« C’est Harry qui a fait tout le travail, vraiment. C’était sa décision. » expliqua Snape, songeur. « Une décision très brave et courageuse. Le chemin est encore long, mais je sais que M Potter en est capable. Vous avez finalement bien là un héros, Albus. » conclut il calmement sans quitter le garçon des yeux.


« Je n’en ai jamais douté, mon garçon » fit le directeur, ému. « Sans doute vaut il mieux vous laisser en paix pour ce soir, vous devez avoir eu suffisamment d’émotions… puis je vous prendre cet artefact, Severus ? je m’en vais immédiatement le détruire. »


« Avec plaisir » fit Snape en lui tendant le collier. Puis, hésitant. « Mais maintenant que M. Potter en est libéré, peut-être voudra-t-il reconsidérer les accommodations dont il fait l’objet. »


Harry sentit son cœur se mettre à battre plus fort. Les accommodations ? Lui ? Que voulait dire Snape ?


« En effet, en effet, » fit Dumbledore. « Eh bien, Harry, peut-être voudrais tu remonter avec moi dans la tour Gryffondor et passer la nuit dans une chambre libre, ou le dortoir où résident tes amis ? »


Il jeta un regard affolé vers Snape.


« Non ! »


« Que puis je te proposer d’autre, mon garçon ? » fit la voix douce du directeur.


« Rester ! Snape ! » s’écria-t-il.


Puis, voyant que les deux hommes restaient figés sur place, muets, il prit la décision. Il allait transgresser assez de règles pour être tué sur le coup, mais peu importait… c’était maintenant ou jamais.


D’un bond, il jaillit du fauteuil et traversa la pièce en courant pour se jeter dans les bras du professeur de potion, comme un enfant qui apprend à marcher en bout de course.


« S’il vous plait ! » supplia-t-il, soudant son regard à celui choqué de Snape. « Je… veux rester ! »

Pendant un instant, il crut que l’homme allait le repousser. Mais alors qu’il sentait ses jambes céder sous lui, des bras protecteurs l’entourèrent ; juste avant de perdre connaissance, il entendit les mots murmurés :


« Alors, reste… »


Et il resta.


Cette nuit là, il dormit dans les bras de son maître. ‘Severus’ comme celui-ci lui avait demandé de l’appeler. Ils avaient mit des heures à s’endormir… et ils avaient parlé. Car oui, il avait le droit de parler…


Avec des phrases. Des verbes, des mots. C’était encore difficile, il avait perdu l’habitude en trois ans de parler, a fortiori pour dire autre chose que ‘Oui maître.’


Mais Severus le voulait, et il l’avait fait.


« Je veux rester. »


« Rester où, Harry, ici ? A Poudlard ? »


« Avec… vous. »


« Harry, tu n’y es pas obligé. Cette Marque ne doit plus rien signifier pour toi, si ce n’est ce qu’elle est réellement : un objet de mépris et d’horreur. »


« Peu importe la marque. Vous. »


« Tu ne peux pas réellement vouloir ça… »


« S’il vous plait. » Il avait fermé les yeux et une main douce avait balayé les mèches sur son front.


« Je te l’ai dit, Harry, je serai là tant que tu auras besoin de moi. »


« Merci. »


« … Mais tu dois savoir que tu peux partir quand tu veux. Tu n’es pas prisonnier. »


Harry ouvrit à nouveau les yeux et fixa Snape d’un air angoissé.


« Maître… »


« Non » fit doucement l’homme. « Appelle moi comme tu veux, mais pas comme cela. »


« Je… désolé. »


« tu n’as pas à l’être. » continua Snape sur le même ton. « Continue à parler. »


« Pour dire quoi ? » articula Harry.


« Ce que tu veux. Raconte moi ce qui est arrivé au Tournois, comment tu as disparu. »


Harry sentit sa gorge se nouer.


« Le trophée. Portoloin. Cedric et moi… en même temps. Amenés au cimetière, avec Voldemort, Queudver… tué Cédric. »


Doucement, Snape passa un bras autour du garçon.


« Et ensuite ? »


« Fait renaître Voldemort… mangemorts arrivés. Prisonnier. M’a emmené Manoir des Ténèbres. Au début… dans cachot. Personne. Pas manger… boire… blessé. Et puis Lucius. Cruciatus, longtemps. Après, donne à manger seulement si j’obéis. Manger par terre. Ramper. Dire merci. Au début, refusé… cruciatus, frappé. Après, j’ai obéis… un peu. Dresser. Longtemps. Apprendre à obéir tout le temps. Et… sexe. Tout le temps. Juste viol, au début, et puis après… accepter… faire ce qu’il voulait… c’était pire. Dire maître. Venir vers lui. Prendre… dans ma bouche… au début… j’étouffais. Lucius riait. Et puis le laisser… écarter les jambes… impossible. Trop dur. Obéir… Et puis, Draco. Content. ‘Maître’. Draco… Obéir aussi. Après. Longtemps. Beaucoup de cruciatus… frappé… Draco aime ça. Mordre, aussi. Et prendre. Toujours. »


Il s’arrêta, la gorge sèche d’avoir tant parlé. Une main lui tendit une potion qu’il avala avec gratitude, avant de lever le regard.
Une paire d’yeux noirs l’observait avec tant de tristesse et de compassion qu’il sentit son cœur se serrer.


Et les mots revinrent à nouveau ;


« C’était long. Pas de temps. Pas de lumière. Juste… Malfoy. Draco, Lucius. Contents. Disaient… tout le monde me pense mort. Jamais sauvé. Juste… esclave. Obéir. Sexe. Plus de temps. Pas manger… trop mal pour dormir… mal, mais pas si grave. Plus… humiliation. » lâcha-t-il finalement.


Une main vint doucement caresser ses cheveux et il ferma les yeux.


« Après, normal. Au début… impossible. Cauchemar. Surtout sexe… obéir à ça… »


Il avala ça salive.


« Quand Lucius pense prêt… m’a amené à Voldemort. J’étais faible. Pas marcher. Quatre pattes… tout le château. Et Voldemort… mis le collier. Expliqué les règles. Mais je ne pouvais pas. Trop… impossible obéir. Vous aviez raison. Je ne savais pas.»


A ces mots, Snape le serra contre lui.


« Non, Harry, non… ça n’a rien à voir… ce qu’ils t’ont fait… c’était monstrueux. Tu as été très brave. Vraiment très brave. »


Il fallut un instant au garçon pour poursuivre. Un long moment, pendant lequel Snape pensa presque qu’il s’était endormi.


« Après, avec Voldemort. Tout le temps. En laisse. Nu, juste harnais… mal. Marcher en laisse, asseoir à ses pieds, dormir sur lui. Impossible de céder dans ma tête… et le collier… tout le temps. Je devenais fou. Alors j’ai cédé. »


Et là dessus, les larmes se remirent à couler librement.


« Manger dans sa main. Le laisser faire… dire ce qu’il voulait. Mes parents. Amis. Tout le monde. Dire que je le voulais, ce qu’il me faisait. Que je voulais plus. Saigner… tout le temps. Pas le pire. Venir lui offrir, c’était le pire. Je savais, tout le temps. Le collier. Envie de moi… alors devais lui donner. »


« Rien ne pourras jamais payer pour ce qu’il t’a fait… » murmura Severus. « Mais il payera quand même du prix le plus fort. Je te le promets, Harry. »


Le garçon se pelotonna un peu plus contre lui.


« Longtemps, révolté, collier, punition… coups… rires… après… juste obéir. Plus rien d’autre. Juste… attendre. Sexe. Supporter. Offrir. Obéir. Plus… facile. » Il prit une grande inspiration, avant de continuer d’une voix rauque.


« Harry Potter est mort, Severus. C’est fini. »




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